Nouvelles règles en matière de prestation énergétique et climat intérieur (PEB) en Flandre. À quoi pouvons-nous nous attendre en Wallonie ?

De nouvelles règles en matière de prestation énergétique et climat intérieur (norme « PEB » – Performance énergétique des bâtiments) entreront en vigueur en Flandre le 1er janvier 2014. En principe, une nouvelle construction devra atteindre un niveau E de 60 et le bâtisseur sera tenu de retirer (une partie de) son énergie de sources renouvelables. L’investissement sera évidemment plus lourd même si une partie de celui-ci sera récupéré à terme. Nous vous expliquons ci-après les options permettant de rendre une habitation peu énergivore.

La nouvelle norme « PEB » flamande prévoit également une alternative

La nouvelle norme « PEB » impose qu’à partir de 2014, les nouvelles constructions en Flandre atteignent un niveau E de maximum 60 et retirent leur énergie de sources renouvelables. Toutefois, elle prévoit aussi une alternative ! En effet, si vous dépassez la norme de 10%, l’obligation de retirer votre énergie de sources renouvelables est annulée ! Concrètement, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles si vous atteignez un niveau E de 54 ou moins

Vous projetiez déjà de construire une maison compacte et performante ? Dans ce cas, de légères améliorations en termes d’isolation, ventilation et étanchéité à l’air suffisent probablement pour atteindre cette norme, surtout dans le cas d’une construction fermée. Dans de nombreux cas, cela nous semble être l’option à plébiciter. L’investissement est limité et vous pouvez encore consacrer une partie de votre budget dans les sources d’énergie renouvelables. 

Vous préférez quand même opter pour les énergies renouvelables ? Six options s’offrent à vous

Il est impossible d’atteindre un niveau E de 54 ou moins ? Le Gouvernement flamand vous impose de faire en sorte d’atteindre un niveau E de 60 et d’effectuer un investissement complémentaire dans des installations d’énergie renouvelable. Dans ce cas, les Flamands ont le choix entre six alternatives. Toutefois, pour la plupart d’entre eux, seulement quatre de ces options sont vraiment réalisables :

1. Un boiler solaire qui produit de l’eau chaude. Vous devez prévoir au moins 0,02 m² de panneaux par m² habitable. Pour une maison de 150 à 200 m², vous avez donc besoin de 3 à 4 m² de panneaux. Ceux-ci doivent également être orientés au sud, à l’est ou à l’ouest avec un angle d’inclination maximal de 70°. 

2. Des panneaux photovoltaïques qui permettent de produire de l’électricité grâce au soleil. L’installation doit au moins produire 7 kWh par an et par m² de surface habitable. Dans le cas d’une maison de 150 à 200 m², la production annuelle s’élève donc de 1050 à 1400 kWh par an. Une installation de 6 à 8 panneaux suffit généralement (avec les mêmes conditions de pose que pour un boiler solaire).

3. Un chauffage à biomasse : généralement une chaudière à pellets, mais il peut également s’agir de céréales, colza, graines… La chaudière doit assurer au moins 85% des besoins en chauffage et avoir un rendement d’au moins 85%. Soyez également attentif aux émissions de CO et de particules fines.

4. Une pompe à chaleur qui puise l’énergie dans le sol, l’air ambiant ou les eaux souterraines et qui la transforme en chaleur pour votre habitation. Pour ce faire, la pompe à chaleur consomme une certaine quantité d’électricité. Là aussi, la pompe à chaleur doit assurer au moins 85% des besoins en chauffage et doit produire au moins quatre fois plus d’énergie que ce qu’elle nécessite en électricité (au moins 4 kW de chaleur pour 1 kW d’électricité consommé). 

Comment atteindre les normes PEB dans la construction d'une maison ?

 

Le Gouvernement flamand propose deux autres options, mais qui sont moins intéressantes ou généralement indisponibles :

5. Le chauffage urbain : les habitations d’un quartier d’une ville sont chauffées par un réseau souterrain de conduites d’eau chaude. En Belgique, ce type de chauffage n’est toutefois disponible que dans une mesure particulièrement restreinte.

6. La participation à un projet local en faveur de l’énergie renouvelable : tout comme pour le chauffage urbain, il vous faudra une bonne dose de chance pour trouver un projet. Indépendamment de cela, ce coût ne rapporte rien à votre habitation. 

Et qu’en sera-t-il des normes PEB après 2014 ?

En 2015, la norme ne s’arrêtera pas à E60. En 2021, toute nouvelle construction en Flandre devra être « quasiment neutre en énergie ». Quelles en seront les implications exactes ? Cela demeure encore incertain mais le niveau E devra probablement atteindre 30 maximum. Bien entendu, cette transition s’opérera par étapes : E50 en 2016, E40 en 2018, E35 en 2020 et E30 en 2021.  

Cela restera-t-il abordable ?

Le surcoût pour ces habitations « quasiment neutres en énergie » s’élève, au bout du compte, à des milliers d’euros. Une isolation supplémentaire et des énergies renouvelables sont rentables à terme mais font considérablement gonfler les coûts initiaux de la construction. Une nouvelle construction restera-t-elle abordable ? En tout cas, les banques devront adapter leurs critères pour l’octroi de prêts. Il est plus que logique qu’elles fassent entrer en ligne de compte le retour sur investissement de ces mesures d’économie d’énergie dans l’octroi d’un prêt. 

Un système bien pensé de subsides du gouvernement stimulerait de manière positive le secteur de la construction. Ce système interviendrait au moment où l’investissement doit être effectué et non à long terme car c’est moins intéressant pour vous en tant que candidat à la construction.

Et en Wallonie ?

Pour l’instant, rien ne change en Wallonie. La norme de niveau E reste maintenue à 80. La norme à laquelle nous devrons finalement satisfaire et le moment auquel nous y serons tenus ne sont pas encore clairs. Une chose est toutefois sûre : la norme en Wallonie va probablement se renforcer au point d’atteindre le même niveau que celle en vigueur en Flandre. En conséquence, nous pouvons nous attendre, à terme, à un niveau E de 30 ou même moins en Wallonie.